UN ETE EN TOSCANE :
À trente-huit ans, Gemma est dotée d'un physique à faire pâlir les mannequins et travaille dans un prestigieux hôpital de New York. Une vie de rêve ? Pas tout à fait ! Myope comme une taupe et horriblement maladroite, elle doit en plus jongler entre une fille en pleine crise d'adolescence et une mamma italienne quelque peu envahissante.
Bref, Gemma a bien mérité de passer des vacances en Italie, dans la splendide villa dont vient d'hériter sa mère. Las ! Sur place, les chose se corsent : la villa est occupée par un Américain bien décidé à y rester. Plus grave, l'Américain en question est effroyablement séduisant... Entre lui et Gemma, l'attirance est immédiate. Et les relations orageuses. Car tous deux se sont déjà brûlé les ailes en amour et s'étaient promis qu'on ne les y reprendrait pas...
**Une très classique histoire d'amour sur le fond, mais d'une écriture très drôle pour raconter les démêlées de cette Gemma.
Bref, Gemma a bien mérité de passer des vacances en Italie, dans la splendide villa dont vient d'hériter sa mère. Las ! Sur place, les chose se corsent : la villa est occupée par un Américain bien décidé à y rester. Plus grave, l'Américain en question est effroyablement séduisant... Entre lui et Gemma, l'attirance est immédiate. Et les relations orageuses. Car tous deux se sont déjà brûlé les ailes en amour et s'étaient promis qu'on ne les y reprendrait pas...
**Une très classique histoire d'amour sur le fond, mais d'une écriture très drôle pour raconter les démêlées de cette Gemma.
Note : 2/3
Un extrait du livre :
Chapitre 1 :Bonjour. Je m'appelle Gemma Jericho et cette histoire commence un samedi soir aux urgences de l'hôpital Bellevue à New York.
Drôle de lieu pour faire connaissance, me direz-vous. La raison est toute simple : je suis médecin urgentiste. En clair, si vous êtes amené à me rencontrer, c'est probablement que vous êtes allongé sur un brancard en train de vous vider de votre sang. Je ne vous le souhaite pas, bien sûr, mais si vous vous trouvez dans le coin et qu'il vous arrive quelque chose en pleine nuit, alors il y a de fortes chances pour que nos routes se croisent. Le médecin en blouse blanche penchée au-dessus de vous dans la lumière aveuglante des néons, celle qui vous pose des questions stupides - Quel est votre nom ? Où avez-vous mal ? Que s'est-il passé ? -, c'est moi.
Pour ceux qui l'ignorent, travailler aux urgences, dans une ville comme New York, et de surcroît le week-end, sont trois bonnes raisons de devenir fou. Un exemple : j'ai pris mes fonctions hier soir à dix-neuf heures, et depuis je n'ai pas eu une minute... que dis-je, une minute ? une seconde de répit. Quatre accidents de la circulation, deux agressions à l'arme blanche, une blessure par balle, deux femmes battues, une tentative de suicide, plus un bébé anémié à moitié mort dans les bras de sa mère hystérique, sans oublier l'inévitable contingent de drogués en manque ou en overdose, et les épaves imbibées d'alcool et fières de l'être... voilà mon lot de cette nuit.
Tous ces drames, ces vies parfois brisées, font monter mon taux d'adrénaline. Je slalome d'un patient à l'autre, je distribue les ordres à la volée : radio, scanner, tension artérielle, intubation, morphine, augmentez la dose, stabilisez le bébé, bipez le chirurgien en pédiatrie, vite !...
La charge de travail est telle, la pression sur mes épaules si éprouvante que je suis assaillie par des questions existentielles. Mais qu'est-ce que je fais ici ? Comment en suis-je arrivée là ? Pourquoi mes nuits sont-elles des cauchemars à répétition ? Et qu'ai-je donc fait de ma vie privée ?
Sur ce dernier point, il me suffit de dix secondes devant une glace pour avoir déjà le début de la réponse. Qui pourrait bien vouloir sortir avec une espèce de fantôme en baskets coiffé d'un bonnet en matière plastique ? A fortiori si ledit fantôme n'a pas la moindre envie de sortir avec qui que ce soit. Je suis fatiguée (le mot est faible) et mon visage porte la marque de mes dix heures de garde ininterrompues. Ma vie privée ? Ah ! Pour l'instant, elle se résume à la perspective d'une bonne douche et d'une nuit tranquille.
Dire que Nonna me trouve des faux airs de Meg Ryan - après une rencontre avec un rouleau compresseur, alors ! Il n'y a vraiment qu'une mère pour inventer des ressemblances pareilles. Je vous garantis qu'il n'y a pas la moindre lueur coquine dans mon regard éteint et je ne suis pas - mais alors pas du tout - du style à simuler un orgasme pour rire, comme l'espiègle Sally quand elle rencontre Harry...
Il faut dire qu'il n'y a pas le moindre Harry dans ma vie, et que sous mes dehors aguerris de médecin qui assure, j'ai déjà trente-huit ans au compteur, plus un divorce et une adolescente à élever. Et s'il n'y avait que ça ! Mais je dissimule un secret inavouable qui me hante et me hantera toute ma vie - un secret dont nul ne soupçonne l'existence, pas même ma mère ni ma fille. Incroyable, non ? Personne ne connaît la vraie Gemma Jericho, celle qui se cache sous la blouse blanche d'une urgentiste efficace et sans états d'âme.
Parfois, avant de partir pour l'hôpital, je me regarde dans le miroir plus longtemps que la minute strictement nécessaire pour m'assurer que mon nez est toujours bien au milieu du visage et que je n'ai pas oublié de me donner un coup de peigne. Alors, au lieu de contempler l'austère réalité, je me revois au bon vieux temps du lycée et je me dis que je ne devais pas être vilaine.
Gemma Jéricho était alors "la reine du bal". À cette époque, mes copines et moi avions les garçons pour principal souci. J'entends encore Nonna s'évertuer à faire entrer deux grammes de bon sens dans mon crâne - les mêmes que je m'efforce aujourd'hui d'inculquer à ma propre fille, avec aussi peu de succès. Combien de fois m'a-t-elle répété de penser un peu plus à mon avenir et un peu moins à la star de l'équipe de foot du lycée...
Finie, la belle insouciance de l'adolescence Aujourd'hui, à trente-huit ans, le tic-tac de l'horloge biologique fait un bruit assourdissant. À chaque battement, le séisme de la quarantaine se profile un peu plus à l'horizon... Et alors, boum, plus moyen de "réparer des ans l'irréparable outrage". Le couperet semble si irréel à seize ans. Si lointain. On se dit qu'on a le temps de voir venir, de réagir. Seulement moi, je n'ai plus le temps. Quant à prendre des mesures... quarante, c'est quarante. Pas de tricherie possible. C'est aussi clair et net que deux et deux font quatre.
Vous voulez savoir à quoi je ressemble physiquement ? Vous y tenez vraiment ? Bon, je me situe du côté des maigrichonnes. Comme ma chère maman se fait un plaisir de me le seriner chaque dimanche quand nous allons déjeuner chez elle, ça ne me ferait pas de mal de "mettre un peu plus de viande sur mes os". Je reconnais qu'une poitrine plus ronde ne nuirait pas à ma silhouette, mais il y a belle lurette que j'ai renoncé à fourrer du coton dans mon soutien-gorge pour me donner de l'importance. Je me suis fait une raison. Et puis, je ne suis quand même pas une planche à pain. J'ai surtout pour moi une taille svelte et de longues jambes, fines et bien faites, mais vu ma garde-robe, ça ne me sert pas à grand-chose.
Dans la vie courante, je suis horriblement maladroite, pour ne pas dire "aussi empotée que mal attifée" (dixit toujours ma sainte mère). Heureusement, dès que j'enfile ma blouse de médecin, je me transforme en une machine de précision réglée à la vitesse maximale.
Mes yeux ? Bleu nuit (là, merci maman). Hélas ! ils sont généralement cachés derrière mes lunettes à monture d'écaille car je suis myope comme une taupe, et je ne supporte pas les verres de contact. Vous vous demandez pourquoi, avec mes relations dans le milieu hospitalier, je n'ai pas succombé à la mode de la chirurgie au laser ? Par manque de temps, encore et toujours.
Quoi d'autre ? Mes cheveux, coupés court, sont d'un joli blond vénitien et bouclent naturellement. J'ai parfois l'impression qu'ils mènent une vie autonome et, en dépit des coups de ciseaux que je leur donne de temps à autre pour les rappeler à l'ordre, ils semblent prendre un malin plaisir à se rebeller.
J'ai un nez modèle standard, avec une très légère déviation à mi-hauteur (souvenir d'un coup de raquette de tennis, le jour de mes treize ans). Ce minuscule défaut me donne un petit air arrogant - une impression archi trompeuse, je vous assure. Mes lèvres sont pleines, un peu retroussées aux commissures, de sorte que je parais sourire même quand je n'en ai pas particulièrement envie, mais après tout, tant mieux : ça rassure les patients.
Je passerai très vite sur l'épisode navrant de mon mariage. J'ai fait la connaissance de mon ex au lycée - vous savez : à l'époque où je n'étais pas vilaine et où je brillais dans les bals de fin d'année. Bref, j'avais une cour de chevaliers servants, dont le fameux capitaine de l'équipe de foot locale. Un conseil : choisissez toujours avec le plus grand soin votre cavalier - fût-il un héros du ballon rond.
Je sortais donc avec ce demi-dieu du stade, transie d'amour et d'admiration. En un mot : stupide. Il m'aurait demandé de lui embrasser les pieds après un match, je crois bien que je l'aurais fait. À mes yeux, il était tout bonnement le plus sexy, le plus séduisant des garçons que la terre ait jamais portée. Tellement sexy et séduisant que je l'ai épousé juste après le bac.
Ensuite, je suis partie pour la fac, comme lui - sauf que nous n'avions pas la même motivation... Pendant que je me lançais à corps perdu dans mes études de médecine, monsieur tapait dans des boules de billard à longueur de journée. J'avais de l'ambition, pas lui. Notre "couple" a continué à faire le grand écart jusqu'au jour où, au beau milieu de mon cursus universitaire, je me suis retrouvée enceinte. C'est le moment que ce parfait gentleman a choisi pour prendre la poudre d'escampette.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire