vendredi 7 octobre 2005

Anastasia Krupnik (Loïs LOWRY)



ANASTASIA KRUPNICK :
Jamais Anastasia n'a été aussi furieuse que le jour où ses parents lui ont annoncé qu'elle allait avoir un petit frère. Elle est allée dignement dans sa chambre, a décroché son poster d'orang-outang et a commencé à faire ses valises. Ses parents lui ont tout de même suggéré de passer Noël à la maison. Ils lui ont également dit que si elle restait, elle pourrait choisir le prénom du bébé. C'est alors qu'Anastasia a eu l'idée du prénom le plus abominable, le plus calamiteux qui puisse exister. Elle s'est empressée de le noter dans un endroit secret. Ensuite, elle a ajouté "les bébés" dans la liste des choses qu'elle déteste. Anastasia met très souvent ses listes à jour. C'est nécessaire. Des événements totalement imprévisibles et indépendants de votre volonté peuvent vous faire changer d'avis. Qui aurait cru, par exemple, que des mots comme "les garçons", "Mme Wesvessel" (la maîtresse), et même "les bébés" puissent un jour être rayés de la liste des choses qu'Anastasia déteste?


2 C'EST ENCORE ANASTASIA :
Oui, Anatasia Krupnik est encore en guerre contre ses parents. Leur dernière idée? Déménager pour aller habiter en banlieue. Anastasia les a menacés, une fois de plus, de sauter par la fenêtre - rappelons que les Krupnik habitent au rez-de-chaussée - et cela ne les a même pas ébranlés. Alors, en désespoir de cause, Anastasia a expliqué à son petit frère Sam que son doudou ne survivrait pas au déménagement. C'est bien connu, les déménageurs refusent de transporter les doudous. Mais le problème avec les parents d'Anastasia, c'est que même au cœur de leurs décisions les plus dictatoriales, ils restent démocratiques. En l'occurence, la nouvelle maison doit plaire à tout le monde et chacun a le droit d'émettre un souhait. "Je veux que notre nouvelle maison ait une chambre avec une tour", dit Anastasia. A sa grande surprise, non seulement son père note très sérieusement cette requête dans son calepin, mais en plus, une maison avec une tour, en banlieue, ça existe. L'heure du déménagement a donc sonné, et finalement, c'est une épreuve à laquelle Anastasia résiste plutôt bien, et même mieux que ses parents. Dans la maison voisine vit une vieille dame qui ressemble à une sorcière et qui porte un drôle de nom: Gertrude Stein. Comme elle semble à la fois très seule et peu désireuse de contacts humains, Anastasia décide de lui offrir un cadeau idéal: un poisson rouge… 



3 ANASTASIA, DEMANDE A TON PSY !
Anastasia bien la seule à devoir supporter des parents qui refusent de faire des choses civilisées, comme jouer au bridge, par exemple. Elle est ausi la seule à devoir supporter un petit frère de trois ans surdoué et tourmenté. Pourquoi faut-il que ce soit elle qui ait à se débrouiller avec des gens aussi bizarres que ça? Mais un jour, dans un éclair de clairvoyance, Anastasia comprend tout. C'est elle-même qui est bizarre. C'est son moi de treize ans, bourré d'hormones hostiles, qui va de travers. Elle est devenu sans le savoir une névrosée. Et elle a besoin d'aide : d'une aide psychiatrique au plus vite. Alors Anastasia prend ses propres intérêts en main : pendant la plus grande partie de son année de quatrième, elle suivra une thérapie avec le plus célèbre docteur du monde, Sigmund Freud en personne !



4 ANASTASIA CONNAÎT LA REPONSE :
Anastasia en a marre. Elle décide de ne pas accompagner ses parents à Los Angeles. D'ailleurs, elle a beaucoup à faire là où elle est : convaincre son professeur d'anglais de mettre "Autant en emporte le vent" au programme, s'entraîner pour devenir Journaliste - ce qui demande une attention de tous les instants - et vaincre sa pire ennemie, la corde lisse du gymnase, qui lui résiste d'une façon odieuse. À ces challenges vient s'ajouter une grave préoccupation. Anastasia a en effet remarqué qu'il y avait un très grand nombre de femmes seules autour d'elle: la maman de son amie Daphné, la prof de gym, la voisine... C'est à croire qu'il n'y a plus d'hommes! Heureusement, voilà qu'Oncle George vient passer quelques jours à la maison. C'est merveilleux ! Non seulement il est veuf, mais en plus, il ressemble à Clark Gable !



5 LE NOM DE CODE D'ANASTASIA :
À treize ans, Anastasia se sent prête pour vivre une histoire d’amour avec un homme. Plus précisément un JHC, ou Jeune Homme Célibataire, déniché dans les petites annonces de la New York Review of Books. Elle-même signe ses lettres JEFICAS, qui signifie selon les jours « Jeune, Enthousiaste, Féminine, Intelligente, Célibataire, Ambitieuse, Sociable » ou bien « Jalouse, Éblouissante, Fabuleuse, Impatiente, Chaleureuse, Amicale, Sociable ».Dans le même temps, Anastasia se prépare fiévreusement à l’événement de l’année : le mariage de la sœur de son amie Meredith. Elle a été choisie pour être sa demoiselle d’honneur junior, en robe bleue, bouquet et chignon. Et si Anastasia a renoncé au mariage, elle n’a pas renoncé à aller au mariage des autres...



6 ANASTASIA AVEC CONVICTION :
Anastasia n'est pas dans son état normal. Son état normal est de ne pas avoir de chien, or elle en a un depuis hier soir. C'est un quatre-quarts hypoallergénique, il fait des bruits horribles dès 6h08, on ne distingue pas son visage de son postérieur, à cause des poils et il n'a pas encore de nom. L'état normal d'Anastasia est aussi de vivre de façon plutôt insouciante, avec trop de trucs à faire pour penser, or le programme du premier trimestre va consacrer une large place aux Valeurs, avec cas d'école, cas de conscience et exercices pratiques à l'appui. Exemple : "Seriez-vous prêt à assommer à coups de caillou une petite marmotte qui ravage le potager d'une famille démunie si, ce faisant, vous sauviez cette dernière de la famine tout un été?" Alors, Mademoiselle Anastasia, qu'en pensez-vous ?




7 UNE CARRIERE DE RÊVE POUR ANASTASIA :
Trop grande ! Trop maigre ! Des cheveux ridicules, des yeux de myope, un gros nez et, pour couronner le tout, une cicatrice de varicelle sur le front ! Lorsque Anastasia Krupnik se regarde dans le miroir, elle se dit qu’elle aura beaucoup de mal à réaliser la carrière de ses rêves. Comment voulez-vous, avec un physique pareil, afficher l’aisance et l’assurance indispensables à sa vocation ? C’est donc pour sauver son avenir et sa carrière future qu’Anastasia a décidé de suivre un stage à 119 dollars la semaine, dans une école de mannequinat junior. Elle attend beaucoup de ce relookage coiffure, de ce suivi diététique ou de cette clinique de la posture vantés dans le prospectus. Elle ne se doute pas qu’à la fin du stage elle sera toujours aussi grande, toujours aussi maigre, et pourtant bien différente de son ancien reflet dans le miroir…



**Une série rigolote. Lecture pour les filles de 10-14 ans.

Note : 2/3

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